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BIOGRAPHIE - Biography
Final de la sonate en RE de Telemann
de votre navigateur.

Coll.Jean
Pirot
*
*
Le prodige


Maurice André est né le 21 Mai 1933 à Rochebelle, faubourg jadis minier de la ville d'Alès, dans le Gard. C'est au cœur des Mines que Maurice André grandit et commence à connaître la trompette car son père en joue dans l'Harmonie des Mines ou la Fanfare d'Alès. Le père de Maurice André joue très souvent et se produit aussi bien dans les bals que dans les kiosques à musique.

Au centre, le père de Maurice ANDRE
1944 : La guerre survient, avec ses dangers et Maurice André est envoyé en Lozère où il va apprendre le solfège durant deux années avant même que de pouvoir toucher à son premier cornet, cadeau de prix, pour un père d'origine modeste. Maurice André fera ses premières armes avec le cornet, instrument pour lequel il reconnaîtra l'aspect très formateur pour son âge. Les progrès du jeune Maurice sont fulgurants. Il commence à se produire aux côtés de son père. C'est M. Barthélémy, professeur au Conservatoire de Nîmes et ancien élève de Merri Franquin, qui dirigera le jeune Maurice André dans ses premières études musicales.

A gauche :
Léon Barthélémy
"Raymond
Sabarich fait partie, avec mon père
et mon professeur alésien Léon
Barthélémy, des
trois fusées porteuses qui m'ont hissé au sommet.
Je n'omets pas non plus la présence de Liliane,
mon épouse(...)" M.A
C'est la musique qui passionne, avant toutes choses, notre jeune prodige. Maurice André doit cependant travailler à la Mine, évidemment. Malgré un travail épuisant, il continue à progresser et n'abandonne pas son instrument, bien au contraire. Un grave accident - qui faillit lui coûter la vie - l'oblige à s'arrêter de travailler... mais son cornet, lui, ne le quitte pas.
Le jeune Maurice ANDRE se souvient : "Quelle que
soit l'heure où je m'étais couché pour
jouer dans un bal,
je faisais le lendemain, dès huit heures, mes trois heures
de trompette."
*

La
"chance" de sa vie sera celle de pouvoir s'engager dans
l'armée. Le 8ème
régiment de transmissions
recrute des musiciens. Maurice André a 18 ans et il est
désormais
à Paris. Nous sommes à l'automne 1951. Le
trompettiste entre au
Conservatoire de la rue de Madrid dans la classe de Raymond Sabarich.
Ce
dernier est un maître dur, juste, et grand technicien. C'est
Sabarich qui
oblige Maurice à abandonner sa chère trompette
Aubertin pour une
Selmer en Ut. A 19 ans, Maurice André obtient le premier
prix d'honneur
de cornet à pistons. En 1953, il obtient le premier prix de
trompette.
Sa carrière est lancée. Ce premier prix amorce
une ascension
irrésistible qui ne s'arrêtera plus.

Raymond Sabarich - ©Archives Selmer
Note : Raymond Sabarich (1909-1966), natif de Toulouse comme Charles Chaynes, fut l'un des trois fondateurs de l'Ecole française de trompette avec Merri Franquin et Eugène Foveau. Bien entendu, J.B Arban reste, pour ainsi dire, le "père" des trois. Ecouter jouer Sabarich (Pêcheurs de Perles. France Musique) et lire une biographie.
Notre grand trompettiste entre dans l'orchestre Symphonique de la Société des Conservatoires aux côtés de Louis Menardi.

Orchestre de l'Ortf avec Maurice ANDRE
En Septembre 1953, Maurice est trompette solo des Concerts Lamoureux , cependant, il joue beaucoup et partout (Cirque Medrano, Théâtre Mogador, Night-Club la nouvelle Eve...) Il est ensuite engagé à l'Orchestre philharmonique de la radiodiffusion française, le "Philarcomique", comme on disait alors.


Andante du concerto de Haydn (extrait)
et aussi La cadenza
**
*
Le
découvreur d'horizons
En
1954, il
remporte le premier prix du Concours international
d'interprétation
musicale de Genève. Il va dès lors
entreprendre une
carrière de soliste et faire redécouvrir au plus
large public un
répertoire inouï pour l'époque. En
effet, c'est lui qui conférera
ses lettres de noblesse à la trompette (piccolo, entre
autres),
jusque-là reléguée dans des fonctions
subalternes. Par son
travail, sa curiosité insatiable, son génie
interprétatif,
Maurice André anoblit la trompette.


...........................................................................................................................
Coll.Guy Touvron
*
*Munich : le défi et la gloire
A 30 ans, alors qu'on l'avait sollicité
pour faire partie du jury du
Concours international de Munich (ARD), Maurice André - sur le conseil de Roger Delmotte - force
le destin et
s'inscrit à ce même concours...comme candidat. Et
il remporte le
premier prix. Maurice André est entré dans la
légende et
n'en sortira plus. Il enchaîne concerts après
concerts et rejoint
le grand Adolf Scherbaum dans l'interprétation redoutable du
2ème
Brandebourgeois de Johann Sebastian Bach. Ce morceau deviendra son
"signe
de reconnaissance" avec la Badinerie de la Suite en Sim. Il rencontre
les
plus grands : Richter, Karajan (prononcez "Karjan", comme Maurice),
Münchinger...Toujours avec simplicité et modestie.
Certaines
de ces
années, le grand trompettiste aura donné
jusqu'à 250
concerts.
*"Les
Allemands ont beaucoup fait pour moi et n'ont jamais cessé
depuis. Au début,
les
organisateurs français ne croyaient pas du tout aux
possibilités de mon instrument." MA
*
*
*Le pédagogue et l'homme médiatique
En 1964, suite au concours Chaban-Delmas, Maurice André est nommé professeur au Conservatoire de Paris où il remplace son cher maître Raymond Sabarich. Là, il est aux côtés de Ludovic Vaillant (successeur d'Eugène Foveau) et de Roger Delmotte. A l'initiative de Maurice André, la Ville de Paris crée son premier concours international (Concours Maurice André). Des élèves de Maurice, on retiendra notamment : Guy Touvron, Bernard Soustrot, Thierry Caens et Jacques Jarmasson.
"La
création du concours international de trompette Maurice
André
aura
été parmi mes plus grandes joies." M.A
En 1980, l’émission de Jacques Chancel -le grand échiquier - ouvre ses portes à Maurice André et un très large et jeune public découvre le Maître dans toute la perfection de son art. Le succès de cette émission poussera Chancel à renouveler l'expérience, 8 années plus tard. Maurice acquiert véritablement la célébrité.


La sérénité
A partir du début des années
90, le grand artiste quitte
Paris pour le calme du pays Basque. Il vit désormais entre
l'océan et la montagne, dans cette
simplicité qui lui est propre et peut s'adonner à
sa passion pour
la sculpture sur bois.
Ses
enfants,
Béatrice (Hautbois) et Nicolas (Trompette), se sont joints
à lui
pour constituer un trio familial que l'on a pu entendre par toute
l'Europe,
pour le plus grand bonheur des mélomanes. Il faut
noter une
autre participation familliale, plus ancienne, celle du frère de
Maurice, Raymond André,
trompettiste qui a enregistré notamment
le Concerto de Molter (1971, avec J-F Paillard), ainsi que joué en
concerts avec Maurice et Nicolas.
Force est de constater que, rarement, tout au long de sa vie, le Maître Maurice André a "fait la plancha" ("faire la planche", signifie se reposer, pour les Alésiens). Il n'a eu de cesse de travailler, de se perfectionner, d' apprendre toujours et encore, de redécouvrir des pans entiers de musiques oubliées ou délaissées, de rencontrer les hommes et de faire vivre la Musique avant tout...L'émotion...Ce sont là les véritables manifestations du génie interprétatif de Maurice André.


Le 21 Mai 2008, Maurice André a fêté ses 75 ans et la Ville et l'Office du tourisme d'Alès ont organisé un grand hommage au trompettiste.
Voir le programme de cet hommage par sa ville natale
«
Si je vis aujourd’hui au Pays Basque, mon cœur
reste à Alès.
J’ai
été très sollicité ces
derniers temps
à travers toute la France pour réaliser des
émissions autour de mon anniversaire,
mais
j’ai préféré
décliner. Je
préfère arroser mes 75 ans à
Alès, avec de
vrais amis. »
Maurice ANDRE


Lire une interview donnée à l'occasion de ses 75 ans.
Voir un reportage télévisé, réalisé lors de ce grand événement.
*
LE DERNIER CONCERT DU MAITRE
BEZIERS 9 Octobre 2008
CATHEDRALE St NAZAIRE


*

Le 20 février 2009, Alain Duault (sur France 3) diffuse un documentaire de
Franck Chaudemanche, intitulé "Maurice ANDRE, intime"
*
*

*
Le célèbre trio ANDRE

Nicolas André,
Maurice et Béatrice
(copyright. Nelly Eschke)
Ecouter le premier mouvement du concerto en Mi mineur de Telemann - un miracle d'équilibre.